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Exercices sur les traductions de l'intelligence artificielle

  • Photo du rédacteur: Nicolas Raljevic
    Nicolas Raljevic
  • il y a 1 jour
  • 12 min de lecture






En quoi la version française générée par l'intelligence artificielle (IA) d'un texte théâtral ne répond pas à la théâtralité de sa version originale ?Voici un passage extrait de Gospoda Glembajevi (Messieurs les Glembay - 1928)1, drame écrit en 1928 par Miroslav Krleža. Il s'agit d'une scène dans l'acte deux où une querelle oppose Leone à son père, le vieux Glembay, et s'achève par la mort de ce dernier suite à une attaquecardiaque. L'acte développe une violence croissante.

LEONE : Molim te, ponovi to ! Kako si to rekao ?GLEMBAY istrgne se sinu razdraženo : Pusti me ! Proklet bio onaj dan kada su Daniellijevi stali na moj put ! U ovim daniellijevskim maglama mučio sam se dvadeset godina ! Što hoćete još ? Zar vam još uvijek nije dosta ?LEONE : Molim te, samo moment, da se objasnimo ! Možda je to posljedni put ! Jesi li ti uvjeren da se mama nije otrovala zbog barunice ?GLEMBAY : Gradski fizik ustanovio je službeno da je uzela prejaku dozu veronala. Bez veronala ona već od Alisinog poroda nije mogla da zaspi. Tako je ustanovio gradski fizik i tako je sastavjen i policajni zapisnik.LEONE : Dobro ! Ali secret de polichinelle bio je u gradu da je barunica tvoja metresa ! Ti si njoj kupio vilu Nad lipom. Sjećam se da sam se na ulici uvijek plašio baruničine ekipaže, ne vozi li opet tebe u svojim kolima !GLEMBAY, zamišljeno, introspektivno : Ja sam prekinuo s tvojom majkom one godine kada smo tebe dali u Cambridge. A nismo se formalno rastali zbog vas ! (Djece !) Ivan je tad upravo svršavao u Berlinu ! Alis je bila još uz guvernantu.LEONE : No, dobro, dobro ! Ali još dvije godine prije ove vile Nad lipom ti si već barunici bio kupio Karmelitske crkve u Beču trokatnicu !GLEMBAY : Odakle ti to znaš ?LEONE : Pa to su znali svi kod nas i sluge i guvernante. Čitav personal !GLEMBAY, starački nesigurno i umorno : To su znali svi ? A ja sam mislio da to nitko ne zna ! Ako su znali svi, čitav personal, to nisu mogli da znaju da je ta žena vrijedila više nego sedamdesetisedam hiljada drugih žena ! Ja sam njoj kupio trokatnicu u Beču, da, kupio sam, pak što onda ako sam joj kupio trokatnicu i ako je čitav personal za to znao ? Da, za ono srce, za onaj élan vital, za onu kulturu, za onu mladost, dragi moj, jednatrokatnica ? A što je to jedna trokatnica za sve ono ?

Et la traduction correspondante de chatGPT en français :

LEONE : S’il te plaît, répète ça ! Comment as-tu dit cela ?GLEMBAY, se dégage de son fils, irrité : Laisse-moi ! Maudit soit le jour où les Danielliev sont entrés sur ma route ! Dans ces brumes daniellieviennes, j’ai souffert pendant vingt ans ! Que voulez-vous encore ? N’en avez-vous toujours pas assez ?LEONE : Je t’en prie, juste un instant, pour qu’on s’explique ! C’est peut-être la dernière fois ! Es-tu certain que maman ne s’est pas empoisonnée à cause de la baronne ?GLEMBAY : Le médecin municipal a officiellement établi qu’elle avait pris une dose trop forte de véronal. Sans véronal, depuis la naissance d’Alice, elle n’arrivait plus à dormir. C’est ainsi que l’a établi le médecin municipal, et ainsi qu’a été rédigé le procès-verbal de police.LEONE : D’accord ! Mais c’était un secret de Polichinelle en ville que la baronne était ta maîtresse ! Tu lui as acheté la villa « Sous le tilleul ». Je me souviens que, dans la rue, je craignais toujours l’équipage de la baronne, ne serait-ce pas encore toi qu’elle promenait dans sa voiture !GLEMBAY, pensif, introspectif : Je me suis séparé de ta mère l’année où nous t’avons envoyé à Cambridge. Et nous ne nous sommes pasofficiellement séparés à cause de vous (les enfants) ! Ivan terminait alors ses études à Berlin ! Alice était encore avec la gouvernante.LEONE : Bon, bon ! Mais encore deux ans avant cette villa « Sous le tilleul », tu avais déjà acheté à la baronnel’immeuble de trois étages des Carmélites à Vienne !GLEMBAY : D’où le sais-tu ?LEONE : Tout le monde chez nous le savait, les domestiques et les gouvernantes. Tout le personnel !GLEMBAY, vieux, hésitant et épuisé : Tout le monde le savait ? Et moi, je croyais que personne ne le savait ! Eh bien ! Si tout le monde, tout le personnel le savait, alors ils ne pouvaient pas savoir que cette femme valait plus que soixante-dix-sept mille autres femmes ! Je lui ai acheté un immeuble de trois étages à Vienne, oui, je l’ai acheté, et alors ? Si je lui ai acheté un immeuble et si tout le personnel le savait ? Oui, pour ce cœur, pour cet élan vital, pour cette culture, pour cette jeunesse, mon cher, un immeuble ? Et qu’est-ce qu’un immeuble face à tout cela ?

Puis celle proposée par Gemini google :


LEONE :Je t'en prie, répète ça ! Comment as-tu pu dire une chose pareille ?GLEMBAY, s'arrachant des mains de son fils avec irritation :

Laisse-moi ! Maudit soit le jour où les Danielli ont croisé mon chemin ! Dans ces brouillards d'orgueil des Danielli, je me suis torturé pendant vingt ans ! Qu'est-ce que vous voulez de plus ? Ça ne vous suffit toujours pas ?LEONE :Je t'en prie, juste un instant, expliquons-nous ! C'est peut-être la dernière fois ! Es-tu convaincu que maman ne s'est pas empoisonnée à cause de la baronne ?GLEMBAY :Le médecin légiste de la ville a officiellement établi qu'elle avait pris une trop forte dose de véronal. Depuis l'accouchement d'Alis, elle ne pouvait plus s'endormir sans véronal. C'est ce qu'a établi le médecin légiste et c'est ainsi qu'a été rédigé le procès-verbal de la police.LEONE :Soit ! Mais c'était un secret de polichinelle en ville que la baronne était ta maîtresse ! C'est toi qui lui as acheté la villa Nad lipom. Je me souviens que dans la rue, j'avais toujours peur de l'équipage de la baronne, craignant qu'il ne te transporte encore dans son carrosse !GLEMBAY, songeur, introspectif : J'ai rompu avec ta mère l'année où nous t'avons envoyé à Cambridge. Et nous ne nous sommes pas formellementséparés à cause de vous ! (Des enfants !) Ivan terminait justement ses études à Berlin ! Alis était encore avec sa gouvernante.LEONE :Bon, d'accord, d'accord ! Mais deux ans déjà avant cette villa Nad lipom, tu avais déjà acheté à la baronne un immeuble de trois étages près de l'église des Carmélites à Vienne !GLEMBAY :D'où sais-tu cela ?

LEONE : Mais tout le monde le savait chez nous, les domestiques comme les gouvernantes. Tout le personnel !GLEMBAY, avec l'insécurité et la fatigue de la vieillesse :Tout le monde le savait ? Et moi qui pensais que personne n'en savait rien ! Eh bien, soit ! Si tout le monde le savait, tout le personnel, ils ne pouvaient pas savoir que cette femme valait plus que soixante-dix-sept mille autres femmes ! Je lui ai acheté un immeuble de trois étages à Vienne, oui, je l'ai acheté, et après, qu'est-ce que ça fait si je lui ai acheté cet immeuble et si tout le personnel était au courant ? Oui, pour un tel cœur, pour un tel élan vital, pour une telle culture, pour une telle jeunesse, mon cher, un malheureux immeuble ? Qu'est-ce que c'est qu'un immeuble de trois étages à côté de tout cela ?

     En quoi ces deux traductions ne répondent-elles pas aux attentes d'une traduction théâtrale ? Si elles conservent le sens de la scène, elles manquent pourtant de la matérialité scénique du texte original. Entre la source et les cibles, les insuffisances concernent le rythme, la tension dramatiqueet les vocalités des personnages.     

Le rythme est moins souligné dans les versions françaises : le croate utilise des phrases courtes, abruptes, alors que l'IA étale parfois les phrases qui se trouvent exagérément affinées au détriment du jeu attendu (Zar vam još uvijek nije dosta ?/N'en avez-vous toujours pas assez ? - T1 ; kako si to rekao ?/Comment as-tu pu dire une chose pareille ? - T2) ce qui a pour effet de réduire le conflit sur la scène et la respiration. C'est bien d'une lutte violente qu'il s'agit entre le père et le fils. Les répliques de ce dernier percutent et déséquilibrent son père. On sent l'implicite poindre dans les questions de Leone (« Jesi li ti uvjeren da se mama nije otrovala zbog barunice ? ») et qui se perd dans la traduction (« Es-tu certain que maman ne s’est pas empoisonnée à cause de la baronne ? » T1 – Ici, le terme « convaincu » du T2 est assurément plus approprié que celui de « certain » du T1). C'est bien sur un doute potentiel que le fils attaque son père. Alors que Glembay s'effondre psychologiquement dans l'original, on pourrait imaginer dans les deux versions françaises davantage d'indifférence. Si les deux textes suivent la ponctuation de l'original, le passage « Et nous ne nous sommes pas officiellement séparés à cause de vous (les enfants) ! » dans le T1 ne saisit pas le reproche formulé par Glembay sur les enfants en supprimant le point d'exclamation qui lui est accolé « A nismo se formalno rastali zbog vas ! (Djece !) » dans la version originale.

     La tension est forte dans le texte croate. On perçoit la violence menaçante de la scène dans les propos (« Pusti me ! Proklet bio onaj dan kada su Daniellijevi stali na moj put ! U ovim daniellijevskim maglama mučio sam se dvadeset godina ! Što hoćete još ? Zar vam još uvijek nije dosta ? ») plus fortement qu'en français (« Laisse-moi ! Maudit soit le jour où les Danielliev sont entrés sur ma route ! Dans ces brumes daniellieviennes, j’ai souffert pendant vingt ans ! Que voulez-vous encore ? N’en avez-vous toujours pas assez ? » - T1) où la réplique paraît une simple justification du père à Leone. De l'une à l'autre version, la corporalité scénique est moins perceptible. La tension persiste dans les propos échangés entre les deux personnages (« Ja sam prekinuo s tvojom majkom one godine kada smo tebe dali u Cambridge. A nismo se formalno rastali zbog vas ! ») moins saisissable dans le texte français (« Je me suis séparé de ta mère l’année où nous t’avons envoyé à Cambridge. Et nous ne nous sommes pas officiellement séparés à cause de vous (les enfants) ! » - T1). Le « kada smo tebe dali [donné] u Cambridge » traduit par un « envoyé à Cambridge » est plus brutal et méprisant en croate pour le fils que la version aseptisée fournie par les deux IA.

     Les expressions, porteuses de sous-textes, abondent. « Secret de Polichinelle » ou « élan vital » directement en français dans le texte croate disparaissent dans les deux versions d'IA parmi le flot des échanges. Elles servent pourtant de marqueur social et de signe de distinction dans la société bourgeoise du Zagreb d'alors et c'est aussi la mention d'un conflit de classes qui est ainsi supprimée dans la traduction. La répétition de « trokatnica » (bâtiment de trois étages) en croate par le vieux Glembay renforce le caractère obsessionnel du personnage alors que les versions françaises par souci d'élégance syntaxique gomment la répétition en variant les dénominations (« immeuble à trois étages », puis « immeuble » dans le T1 ; « immeuble à trois étages », puis « immeuble », puis « malheureux immeuble » dans le T2) mais atténuent du coup le représentation de la furie qui s'empare du père. « U ovim daniellijevskim maglama » est traduit par « Dans ces brumes daniellieviennes » (T1), façonnant un adjectif surchargé et difficilement prononçable à partir d'un nom ou par « Dans ces brouillards d'orgueil des Danielli » (T2), tentant une explication là où l'auteur livrait une image poétique.

     Gemini utilise le terme de « carrosse » ce qui constitue un anachronisme pour un véhicule du XXe siècle.

     

Ainsi, l'IA nous fournit ici des textes terriblement plats qui effacent la théâtralité portée par le texte original. Si elle traduit des mots, elle s'avère incapable d'investir dans une corporalité et un souffle essentiels au texte théâtral. 

     Par souci de transparence, voici à présent la version que j'avais rédigée en 2012 :

LEONE : S'il te plaît, répète cela ! Qu'as-tu dit ?GLEMBAY ; il se dégage de l'étreinte de son fils avec irritation : Laisse-moi ! Maudit soit le jour où les Danielli ont croisé mon chemin ! Je me suis torturé vingt ans durant dans les brumes des Danielli ! Que voulez-vous de plus ? Cela ne vous suffit-il pas ? 

LEONE : Un instant, je te prie, que nous nous comprenions ! C'est peut-être la dernière fois ! Es-tu persuadé que maman ne s'est pas empoisonnée à cause de la baronne ? 

GLEMBAY : Le médecin communal a établi officiellement qu'elle avait absorbé une trop forte dose de véronal. Déjà depuis la naissance d'Alice, elle ne pouvait pas s'endormir sans l'aide de véronal. C'est ce qu'a affirmé le médecin légiste et c'est aussi ce qu'a rapporté le procès-verbal de la police. 

LEONE : Bien ! Mais c'était un secret de polichinelle* dans toute la ville que la baronne était ta maîtresse ! Tu lui as acheté la villa les Tilleuls. Je me souviens que je m'effrayais toujours de l'équipage de la baronne dans la rue, me demandant si elle ne t'emmènerait pas dans sa voiture ! 

GLEMBAY : pris dans ses pensées : J'ai rompu avec ta mère l'année où nous t'avons inscrit à Cambridge. Et nous ne nous sommes pas séparés en vérité à cause de vous ! (Les enfants !) Ivan a alors fini à Berlin, Alice était encore auprès de sa gouvernante. 

LEONE : Non, bon, bon ! Mais deux ans encore avant cette villa les Tilleuls, tu avais déjà acheté pour la baronne une demeure de trois étages à l'église des Carmélites à Vienne ! 

GLEMBAY : Comment sais-tu cela ? 

LEONE : Tout le monde le savait chez nous : et les domestiques et la gouvernante. Tout le personnel ! 

GLEMBAY : d'une sénilité mal assurée et fatigué : Tout le monde le savait ? Et moi qui croyais que tous l'ignoraient ! Soit ! S'ils le savaient tous, tout le personnel, ils ne pouvaient pas savoir que cette femme comptait plus que soixante-dix-sept mille autres femmes ! Je lui ai acheté trois étages à Vienne, oui, je les ai achetés, et alors, quelle importance si je lui ai acheté trois étages et que tout le personnel le savait ? Oui, pour ce cœur, pour cet élan vital*, pour cette culture, pour cette jeunesse, mon cher, trois étages ? Et que sont trois étages pour tout cela ?

     J'avais alors opéré un certain nombre de choix.     

Dès la première réplique, incisive, comme un couperet, Leone est en lutte contre son père. (« S'il te plaît, répète cela ! Qu'as-tu dit ? »)   

La réponse du père est constituée de phrases courtes, sèches, dans la lignée de l'attaque précédente, entrecoupées potentiellement de silences constitutifs de la tension croissante entre les deux personnages.     

Le « que nous nous comprenions » a des airs de règlement de comptes. La question « Es-tu persuadé » laisse deviner une autre éventualité dans l'esprit de Leone.     

La répétition finale du mot « Véronal » dans les deux premières phrases de la réponse de Glembay renforce l'agacement du personnage sa volonté de ne pas revenir sur ce sujet. Il en va de me même que la répétition dans la dernière phrase de « c'est ce qu'a » et « c'est aussi ce qu'a ». Je réalise aujourd'hui que le « Gradski fizik » apparaît comme médecin légiste puis comme médecin communal, ce qui pourrait laisser entendre l'existence de deux médecins différents. C'est une erreur de ma part.   

 À la réplique suivante, le « Bien ! » de Leone, ne marque pas l'acceptation dans l'échange, mais constitue un connecteur logique dans la progression de sa démonstration. Il marque un silence qui prépare le rebond de la phrase suivante. « Secret de Polichinelle » tout comme plus loin « élan vital » sont indiqués par un astérisque signalant que ces passages sont en français dans l'original. Le nom de la villa « Nad lipom » devait être traduit en français et n'avait ici aucun intérêt à garder son originalité croate, d'autant que l'image laisse deviner un cadre et une certaine magnificence. Le souvenir de l'équipage de la baronne et la peur qu'il suscitait chez Leone laissent entendre une relation amour/haine entre eux deux.     

La didascalie suivante marque le décrochage psychologique du père. Le terme « introspektivno » risquait dans une traduction française littérale de lui accorder peut-être une volonté de conscience alors qu'il est déjà fortement ébranlé. Le terme « inscrit » dont les sujets sont le père et la baronne, n'accorde que peu de place à la volonté du Leone étudiant. « En vérité » à a phrase suivante tombe comme une confirmation de l'indifférence du père, renforcée par un commentaire expéditif pour les deux autres enfants, Ivan et Alice.     

Leone enchaîne par « Non, bon, bon », marquant un nouveau point d'arrêt dramatique, pour mieux enchaîner dans la contre-attaque. « Une demeure de trois étages » pour « Trokatnica », le mot « demeure » plutôt qu'« immeuble » ou bâtiment » et « trois étages » qui combine à la fois intimité et opulence, permettront dans la suite du texte d'utiliser la synecdoque de « trois étages » et ses sous-entendus pouvant l'associer à une bagatelle, « trois » fois rien.     

« Comment sais-tu cela ? » plutôt que le familier « D'où le sais-tu ? », pour « Odakle ti to znaš ? », qui témoigne moins de la surprise de Glembay.     

Le « Pa » qui entame la réponse de Leone annonce un coup porté que j'ai rendu par la ponctuation, les deux points (:) transformant les deux phrases du texte source en trois portions bien distinctes et jouant ainsi sur l'impact de la révélation d'une connaissance générale de l'existence de cette villa après un silence tactique. De plus les silences entre les phrases contribuent à la montée en tension et à la brutalité du coup porté.     

La didascalie associée à la réplique de Glembay « starački nesigurno i umorno », après les précédentes qui l'ont fait passer d'un état d'irritation au doute puis d'abord à l'abattement marque l'effet de surprise de Glembay qui reprend la déclaration de Leone. Mais il se reprend vite « Pa dobro !/Soit ! » et s'emballe tout à coup, affirmant son choix, « da,... Da,.../oui...Oui, ». Ces répétitions de même que celles de « trois étages », ainsi que les autres en vis-à-vis soutenant l'éloge de la baronne « za ono srce, za onaj élan vital*, za onu kulturu, za onu mladost /pour ce cœur, pour cet élan vital, pour cette culture, pour cette jeunesse », expriment furieusement au final le mépris de Glembay pour ce qu'en pense Leone, dans ce sardonique « dragi moj/mon cher », et ce que chacun pourra en dire : « A što je to jedna trokatnica za sve ono ?/Et que sont trois étages pour tout cela ? »     

Ma traduction repose ainsi sur des choix qui ne se limitent pas aux mots mais s'étendent aussi à la scène, ce dont l'IA est incapable.​ 


Nicolas Raljevic

24/06/2026

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