Les humanitaires et la purification ethnique


Sarajevo (2014) © Jean-Luc Bertini
L’expérience française des Balkans analyse les mobilisations associatives apparues en France et en Belgique après la chute de Ceausescu en Roumanie et le début de la guerre en ex-Yougoslavie. Anne Madelain y questionne notamment l’usage de l’expression « purification ethnique » par leurs acteurs. L’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, qui s’engagea avec ces collectifs pendant le siège de Sarajevo tout en travaillant sur la violence, rappelle les méfaits de la propagande ethniciste ainsi que la richesse sociale du travail humanitaire « de base ».


Après la chute du mur de Berlin, la Roumanie et la Yougoslavie ont été marquées, lors de troubles politiques violents, par une grande incertitude quant à leur récit collectif immédiat, mais aussi par un renouvellement des mobilisations associatives et une reconfiguration du débat entre
« humanitaire » et « politique ». Le livre d’Anne Madelain est innovant : il se confronte, depuis la France et secondairement la Belgique, aux séismes historiques qui ont secoué l’ancienne Europe de l’Est entre 1989 et 1999. L’expression usuelle du « nettoyage » ou de la « purification ethnique » (un même verbe en serbo-croate) est ici l’objet d’une critique de fond.

Dès le titre de son livre, la chercheure choisit avec soin les termes employés, qui deviennent des outils heuristiques. Par exemple, l’emploi du mot « expérience » ne désigne pas une réception collective passive. Il ne mécanise pas non plus les choix d’actions mises en œuvre dans l’urgence, dans une analyse confortablement rétrospective. Ce titre reconnait que les acteurs expérimentent quelque chose de collectif et d’individuel, comme le démontre la fin de la phrase de Germaine Tillion, mise en exergue : « il n’est que de vivre pour se convaincre que les événements vécus sont la clé des événements observés ».

La vaste bibliographie internationale et pluridisciplinaire et les textes choisis permettent à Anne Madelain de contourner la difficulté du sujet : dix ans de mobilisation hétérogène contre la « purification ethnique », mais aussi la distance entre l’histoire géopolitique séculaire des amitiés entre nations, nourries sur plusieurs siècles d’échanges et d’images croisées. Il s’agit là de plus de 300 collectifs, hors Paris, traversant les espaces et les milieux. L’acteur de terrain étant pris en tant que sujet, sa supposée « vision » et sa position, humanitaire ou moraliste, entrent aussi en jeu. Anne Madelain entraine le lecteur dans une boucle réflexive passionnante, où le savoir géopolitique se conjugue avec des descriptions très précises et l’appui épistémologique, entre autres, de Halbwachs et de Goffman. Il faut aussi noter sa liberté d’interroger les œuvres littéraires, les pratiques touristiques, les films d’époque, dans un choix aléatoire d’exemples contextualisés.

Les pistes ouvertes par L’expérience française des Balkans sont une part de ses richesses, et le choix de ses deux terrains – la Roumanie après Ceausescu et la Yougoslavie après Tito – apparaît très pertinent historiquement et juste politiquement. Mais voici une piste que le livre n’a pas travaillée spécifiquement, et qu’il oblige à penser : le lien entre le faux et la cruauté dans la propagande politique.

Sarajevo (2005) © Jean-Luc Bertini

Un élément majeur de la réception française des événements roumains restera en effet le faux charnier de Timisoara, en 1989 : un amas de corps de femmes et de nourrissons, nus et déchirés, présentés comme des victimes de la Securitate, la redoutable police politique de Ceausescu. Cette formidable « fake news » en images aura des effets dévastateurs sur la confiance collective envers tout un système d’informations qui lui aussi jouait avec les chiffres de la mortalité. De plus, le traitement expéditif des tyrans a beaucoup troublé la réception française, peu habituée au style « stalinien » de ce vrai-faux procès : de sinistres dictateurs se retrouvaient grossièrement injuriés, expéditivement condamnés et immédiatement exécutés.

Pourtant, la fin du régime – dont les dernières années de tyrannie frôlaient la démence et touchaient à l’absurde absolu dans la vie quotidienne des Roumains – avait vu apparaître d’extraordinaires manifestations d’opposition en faveur de la démocratie. Sorti de Roumanie fin août 1989, le sociologue Mikai Giougiu regardait, en décembre, les courageux cortèges et en traduisait la langue collective aux slogans versifiés : moments d’émotion souvent effacés dans les récits « sérieux », dont l’intensité constituait pourtant une des clés du sens politique de ces manifestations. Les grandes marches à Belgrade en 1988-1989 demandaient elles aussi la démocratie.

Il était assez incompréhensible pour des Français qu’un mensonge politique puisse être construit non pas en masquant et en détournant le sens, dans un choix délibéré du faux, mais au contraire en choisissant la version des faits des opposants, sa surface consensuelle, en l’outrant et en la caricaturant pour en détourner la fin : les Ceausescu, déjà calamiteux, se virent diabolisés ; les méfaits déjà épouvantables de la police politique se virent reconstruits en tortures obscènes sur des corps humains (en fait sortis d’une morgue hospitalière — un tel montage impliquait déjà un mépris absolu de la personne humaine, digne des tortionnaires) ; et la révolution roumaine se vit confisquer sa victoire « au nom de ce pour quoi elle luttait », avec comme cadeau théâtral la punition spectaculaire des tyrans. La fraction victorieuse du parti communiste d’État resta en place encore dix ans, en adaptant sa rhétorique à la nouvelle situation.

Ce qu’il y a de troublant rétrospectivement est que ces images d’un charnier où les pires tortures imaginables contre des corps humains étaient faussement exhibées, outrageusement et grossièrement fardées, apparaissent comme un graphe en amont ressemblant dans son style à ce qui allait advenir en Yougoslavie, une criminalité d’une extrême cruauté contre les populations civiles. Par exemple, le ventre féminin exhibé, qui induit des tortures sexuelles, occupait le centre du dessin obscène du faux charnier. Ces pratiques, dont les tout premiers observateurs ont témoigné, ont été largement documentées depuis concernant l’ex-Yougoslavie.

À travers ce mensonge stalinien en images se révélait un pouvoir se saisissant du sens de la révolte collective, qui sans cela allait se dresser contre lui. Il était nécessaire de construire une figure de l’ennemi acceptable, déjà présent dans la culture. Pour cela, il fallut diaboliser et donc rendre terrifiants, ignobles, obscènes, les pires crimes que cet ennemi était censé prévoir et commettre contre, bien sûr, le « peuple », les « nôtres ».

Le lien politique entre le faux et l’esthétique de la cruauté se loge précisément là, dans cette nécessité de l’outrance du mensonge, qui fouille dans l’imaginaire du pire et finit toujours par y trouver les tortures sexuelles et les viols (voir les travaux de Muhamedin Kullashi sur la fabrique de la haine dans la propagande). En 1992, à Belgrade, des dossiers de plaintes de femmes faisaient état d’une augmentation impressionnante des violences conjugales le soir après les informations télévisées – des amis répétaient souvent « il ne faut pas regarder la télévision, sinon on devient fou ».

Il se trouve que les « pires crimes » pensables contre l’être humain sont imaginairement en nombre limité, et malgré des variations infinies de contextes. Bien banalement, l’usage politique du sadisme comme style choisit le plus souvent les corps humains les plus vulnérables, ceux de la femme enceinte, des enfants, des nourrissons. La mise en perspective des viols et des tortures sexuelles contre tous les sexes et les âges est le programme quasi obligé d’une propagande qui veut diaboliser l’ennemi en faisant naitre peur et haine, douleur et fureur. Le même imaginaire stalinien gorgé de grossièreté et de mépris des personnes dessine ici comme mensonge et organise là comme propagande l’atroce programme pétri de clichés des pires crimes pensables : les crimes de profanation.

Pour l’ethnologue, l’usage politique de la cruauté, ce mensonge d’une propagande qui utilise l’horreur comme preuve, constitue un lien entre les deux terrains d’Anne Madelain qui tient à la nature de l’agresseur dans les deux cas, maintenant avérée — l’aile droite des partis communistes au pouvoir d’antan, experts en mensonge politique, extrêmement menacés en 1989, prêts à tout pour garder le pouvoir après la chute du Mur. L’usage sophistiqué du mensonge politique outré diabolisant l’ennemi en lui attribuant les pires crimes imaginables se retrouvera dans la propagande de guerre serbe dès 1988 : en 1991, elle servira de modèle pour les pratiques criminelles réelles, sous forme de vengeance mimétique. Citons un des « Goebbels » de Milosevic jamais incriminé, Milorad Vucelic, principal propagandiste en tant que patron de la télévision d’État.

Dans un même mécanisme d’outrance qui restreindra comme peau de chagrin le temps historique et la diversité sociale, les ennemis globaux du peuple serbe, les turcs musulmans, les Oustachi compressés, deviennent coupables des pires crimes imaginables passés et à venir, mis en scène à la télévision, jusqu’à projeter comme imminent le « génocide du peuple serbe », expression qui a résonné pendant toute la guerre. Les crimes de guerre effectifs qui seront commis relèveront du même « style » d’extrême cruauté, et seront mis en pratique en tant que vengeance préventive en miroir. Ce mécanisme se retrouvera en 1994 au Rwanda, dans la propagande du pouvoir hutu génocidaire.

Dans ce contexte historique de propagande, la critique d’Anne Madelain, illustrée par le choix de la photographie d’un masque de tête de mort en couverture (jamais vu lors des manifestations), prend pour objet la formule « purification ethnique » et une idéologie, celle de l’humanitaire moraliste. Son hypothèse porte une grave accusation : « si donc l’effort d’analyse des observateurs français a pu être authentique, les grilles de lecture qui minimisent la connaissance de la réalité matérielle au profit de visions englobantes et encouragent la prolifération de formules telles que “purification ethnique”, ont favorisé en pratique les lectures nationalistes combattues en théorie ».

On peut se demander d’où venaient ces « grilles de lecture » fallacieuses. De l’inculture du militant de base ? Les collectifs incultes, utilisateurs de formules fausses, voire perverses, ont-ils vraiment aidé ce contre quoi ils croyaient lutter ? Quelle meilleure expression proposerait l’auteure ? Faut-il à chaque fois effectuer des enquêtes approfondies – ce qu’elle n’a pas toujours fait elle-même pour des exemples graves ?

Par exemple, sur la compréhension des camps d’Omarska et autour de Prijedor, à propos des images de deux corps décharnés diffusées par la chaine de télé ITN, Anne Madelain explique : « quelques photos dont on ne connait pas la source ont émergé ». Mais elle n’est pas allée chercher cette source : le journaliste qui accompagnait la télé en question en août 1992 était du Guardian et a écrit plusieurs textes précis, descriptifs, qui eux-mêmes faisaient suite, in situ, à ceux de Roy Gutman qui, lui, ne disposait que de témoignages. Ces nouveaux éléments (photos, TV et articles de presse) apportaient la confirmation – la preuve – de ce qui se passait dans les camps. Madelain ne dit pas ce que ces articles racontaient. Ces photos – et cela est connu de longue date – étaient en fait issues d’une pellicule confiée par des détenus. Et depuis, une fois que les prisonniers ne risquaient plus leur vie, la source de la pellicule a été rendue publique par la femme médecin de l’infirmerie du camp de Trnopolje, elle-même prisonnière à l’époque. Comment notre auteure, si critique sur les termes employés par autrui, si exigeante sur la nécessité de consulter les spécialistes et experts, est-elle passée à côté de ces données ?

Je suis rentrée, en décembre 1992 des camps de réfugiés avec un ensemble de témoignages – dont je n’ai jamais fait état – impossibles à comprendre, à accepter : dans ces témoignages, la répétition de points très précis posait la question d’un programme en amont, qui ne trouvait pas de dénomination évidente. Ni celle de « génocide », terme juridique dont il faut se servir avec prudence et mot suremployé dans la propagande de guerre de l’agresseur (tout ennemi construit étant « génocidaire »). Ni celui de « guerre », qui suppose deux armées face à face : comment appeler l’envahissement militaire d’un espace pour faire disparaitre jusqu’à ses cimetières, ses lieux de culte, sa langue et une partie de sa population civile définie collectivement ? Non seulement elle doit disparaitre du paysage, mais en plus elle doit n’y être jamais née. L’idée d’éradication, de « purification » grâce au nettoyage « jusqu’aux racines », est centrale ici – des « racines » bien sûr perçues comme telles culturellement.

Comme l’a démontré Alice Krieg-Planque dans Purification ethnique. Une formule et son histoire (CRNS Éditions, 2004), il s’agit de la traduction du terme utilisé par la propagande de Belgrade, désignant une menace pesant sur les Serbes partout où ils étaient en minorité dans les différentes « nationalités » et « provinces » ex-yougoslaves. On ne parlait pas d’« ethnies » dans la Yougoslavie de Tito, mais de « nationalités » – le Kosovo étant une « province ». Cette expression, « ethnic cleansing », est utilisée maintenant au plan international pour désigner tout régime nationaliste non démocratique voulant éliminer une fraction de sa population définie comme « autre ». Le terme « ethnique » semble désormais rétrograde et déplacé pour une nation européenne moderne.

Il faudrait un Victor Klemperer pour étudier la novlangue de la propagande de guerre mise en place à Belgrade à partir de 1989. Un président hurlant aux Serbes du Kosovo « Je vous aime ! » et « Plus personne ne vous battra ! » a remplacé, dans un renouveau affectif et violent, la langue de bois communiste grise, absconse et alambiquée de discours ennuyeux et intimidants au profit d’une langue de guerre imagée, ajoutant au vibrant mot « peuple » l’adjectif « serbe », croate » ou « musulman ». Cela induit une identité individuelle et collective, rebaptisée « ethnique » pour mieux l’inscrire dans l’histoire des générations. Le terme « ethnie » produit une extension immédiate du champ de la haine à tous les membres de la communauté liée par le « sang », ce véhicule mythique bien connu des anthropologues. Entre « les nôtres » et « les autres », le fossé « ethnique » devient historique et sacré, et non plus seulement politique. En utilisant cette expression, les collectifs militants ont bel et bien désigné le sens du crime commis en face, sa dimension de sauvagerie rétrograde.

Le grand cimetière de Sarajevo (2005) © Jean-Luc Bertini

Revenons à l’accusation de l’action de ces collectifs qui ont choisi cette formule et se dressaient contre cette pratique. Dépolitisant leur champ, elle repose aussi sur une critique de l’élan humanitaire supposé moraliste, inculte. Faut-il être expert pour s’engager ? C’est là qu’il manque à L’expérience française des Balkans un volet ethnographique, une enquête non pas sur ce que disent et écrivent les uns et les autres, mais sur les actions réelles entreprises et inventées par les militants de base. Impossible ici de citer tous les exemples qui surgissent en foule dans mon souvenir ! Que d’initiatives de tout ordre, dans tous les domaines, depuis les idées les plus pratiques — merci aux féministes d’avoir pensé aux serviettes hygiéniques pour les femmes de Sarajevo — aux plus culturelles — pas forcément grandioses d’ailleurs : ainsi, par exemple, on voulut une traduction des poèmes de Karadzic.

Entre ici et là-bas, entre zone de guerre et espace de paix, les nouvelles situations produites par le travail des collectifs sont nombreuses, ponctuelles mais magnifiques. Personnellement, j’étouffe de gratitude en repensant à l’action si proche de Causes communes Belgique ou de Mères pour la Paix, association née à Villeneuve-d’Ascq et partie d’une action humanitaire « de base », avec des camions remplis de dons, aujourd’hui toujours debout et aux actions diversifiées. Que de héros naissent partout en temps de guerre, approchés grâce aux échanges d’informations militants, comme ce médecin palestinien soignant sans anesthésie dans les caves du quartier du tunnel de Sarajevo, forcées un soir par l’assiégeant. Il fallait repousser la porte, et seuls les « humanitaires » partageaient et gardaient en mémoire ces séquences terribles.

Les militants de base, « humanitaires », ne sont pas payés, ils dépensent temps et argent, en plus de leur travail, parce qu’ils ne peuvent pas « ne rien faire » : il faut « bouger son cul », cette urgence les taraude, c’est leur parole à eux, quand parler ne suffit plus. Ce mouvement du corps qui les propulse vers les épicentres tragiques les amène à partager alcool et livres, blagues et fureurs, idées et cigarettes, et à travailler, préparer, rencontrer, demander, ils s’activent comme des malades… Ils ne dorment plus, ils adoptent chez eux des réfugiés mineurs, ils se mettent au cyrillique. Boire un café avec encore quelqu’un d’autre, et à nouveau se demander « pourquoi ? ».

Qui fera l’histoire des conversations nocturnes en temps de guerre ? Comment pouvoir réduire tout cela dans une moue dédaigneuse qui crache le mot « humanitaire » ? Que de rencontres insensées, que de scènes improbables, que d’informations importantes. Quand j’ai appris sur le front qu’avant le tunnel, sur l’aéroport gardé par les Français, quand les familles de Sarajevo tentaient la nuit de sortir, les Français allumaient les projecteurs et l’armée serbe tirait, quel choc politique et moral pour moi Française.

Les humanitaires sont incultes et non spécialistes, soit ; mais pourtant que de circulations de livres, de traductions (merci Mireille Robin, Mauricette Begic et tant d’autres !). Et que d’invitations ! Nous avons pu entendre Ibrahim Rugova, venu à l’invitation d’un comité, donner des informations sur le formidable travail de non-violence des Albanais du Kosovo victimes d’un terrible apartheid [1], leur écoles clandestines, le grand pardon du système de vengeance traditionnel, avec l’ethnologue Anton Çeta. Nous avons partagé l’errance d’Ivan Djuric et de Vidosav Stevanovic, grands opposants de Belgrade, ici souvent abandonnés par les Français pourtant pro serbes mais leur préférant Milosevic… .

Et que de circulations d’informations cruciales, de rencontres, de voyages, d’initiatives insensées, entre membres des collectifs et acteurs de la guerre. Impossible ici de rendre compte de la richesse de cet univers sous tension que produit le travail « humanitaire » de base, que le diplomate et le spécialiste n’imaginent même pas. La production réelle des collectifs fut une exceptionnelle intensification des échanges entre les espaces de guerre et ceux de paix. Pendant toute cette guerre, on a chanté les chants de toutes les régions yougoslaves, avec tous les amis venus de toutes ces régions. C’est la question de la situation en temps de guerre : plus la situation est tragique politiquement, matériellement et physiquement, plus le simple temps qui passe devient douloureux et limité au jour qui vient, à l’heure qui suit, et plus, à cette échelle-là, l’humanitaire basique, horizontal et citoyen devient social, culturel et politique. Ou plutôt, la spécificité pragmatique de l’urgence humanitaire intensifie le lien social dans toutes ses directions et dimensions possibles, qui fait se dissoudre la frontière entre humanitaire et politique. Il faut donc continuer la discussion ouverte par le livre d’Anne Madelain.

En 2019, les tragédies se sont multipliées dans le monde. Pas les collectifs en France. Quand on ne dit rien, on ne risque pas de se tromper de formule. Les militants de base liront-ils frénétiquement les immenses bibliographies des spécialistes pour choisir mieux leurs mots ? Ce livre le souhaitait-il ?



1 Voir l’entretien et la présentation de Svedije Ahmeti par Jean-Yves Potel.
























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