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  • Photo du rédacteurSava Andjelković

L'avare ou Kir Janja, ou bien L'avare et Kir Janja









C'est un plaisir de vous annoncer la parution du livre L'Avare ou Kir Janja de Jovan Sterija Popović publié par L'Institut d'études slaves. Le texte original est traduit du serbe et annoté par Aleksandar Stefanovic et Paul-Louis Thomas, Sava Andjelkovic ayant signé l'étude dont nous vous présentons un extrait :



Pour un lecteur français contemporain, le titre L'Avare accolé au nom d'un auteur qui n'est pas Molière (et surtout à un nom à consonance balkanique) est propre à éveiller aussitôt l'intérêt, mais peut-être aussi le doute. C'est pourquoi nous soulignons d'emblée que cette comédie, même si on peut la qualifier de "moliéresque", est une pièce originale. Elle diffère en cela des traductions-adaptations de textes de Molière au 18ème siècle à Dubrovnik (dont L'Avare sous le titre Lakomac, "Le Cupide") et des "serbisations" réalisées en Voïvodine à l'époque de Jovan Sterija Popović, traductions de textes dramatiques européens avec action transposée en milieu serbe et personnages recevant des noms serbes. Le lecteur français ne peut pas supposer que derrière le titre de la comédie de Sterija se cache une comédie qui dépasse certainement ses attentes et ne le cède en rien à la comédie du même nom du grand classique français, bien que la pièce de J. S. Popović ait été composée à une époque où la comédie n'était pas encore pour les Serbes un genre littéraire, et encore moins théâtral.

Le titre original L'Avare (pour la première version de 1837 tout comme pour la seconde, remaniée, de 1838) n'était pas suffisamment caractéristique pour la pièce serbe, les éditeurs éprouvèrent le besoin de lui ajouter "ou Kir Janja", et le personnage principal devait ensuite gagner sa place, non seulement dans le titre, mais encore dans la langue serbe : comme "harpagon" en français, "kir-janja" en serbe (sans majuscule et avec trait d'union) est devenu un nom commun et est entré dans le dictionnaire au sens d'"avare". Chaque fois que la pièce est jouée dans les théâtres serbes, les affiches indiquent même seulement "Kir Janja", et cela arrive souvent aussi dans les éditions modernes du texte. Il est fort rare qu'un éditeur s'aventure à ne mettre sur la couverture que le titre original de l'auteur, à savoir L'Avare ; le plus souvent, le titre est celui-là même qui figure sur la couverture de la présente édition, à savoir L'Avare ou Kir Janja.

Et maintenant, si la formulation du titre de notre préface vous a intrigué, vous devez continuer à la lire pour en connaître la raison.



traduit par Aleksandar Stefanovic et Paul-Louis Thomas



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Jovan Sterija Popović (1806-1856), qui a donné ses lettres de noblesse au genre théâtral de la comédie en Serbie, est à la littérature serbe ce que Molière est à la littérature française : un classique incontournable. Pour sa pièce L'Avare ou Kir Janja, il s'est d'ailleurs inspiré de L'Avare de Molière, mais le lecteur comprend d'emblée que les caractères, l'intrigue, le contexte bien différents de ceux de son précécesseur français font de cet Avare serbe une œuvre tout à fait originale. Cette comédie, connue de tous dans son pays d'origine, n'avait jamais été traduite en français. Cette traduction, accompagnée d'une étude sur l'œuvre de l'auteur et de notes, comble donc une lacune éditoriale importante et rend aisni justice à une œuvre méconnue en France.


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Bonne lecture !

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