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  • Photo du rédacteurLe Fantôme de la liberté

Manuel d'exil de Velibor Čolić et Maya Bösch au T2G










Manuel d’exil

Velibor Čolić・Maya Bösch


avec

Fred Jacot-Guillarmod


15 au 25 janvier 2024


au Théâtre de Genevillier

avec le Centre culturel suisse



Soldat enrôlé de force à 28 ans, Velibor Čolić a fui la Bosnie ravagée par les horreurs de la guerre pour atterrir en 1992 dans un foyer pour réfugié·e·s à Rennes. Pour le sauver, une seule porte de sortie : la poésie. Maya Bösch met en scène avec force et subtilité le texte dans lequel il se raconte en français, Manuel d’exil – comment réussir son exil en trente-cinq leçons. En tant qu’exilé sans visage dans l’Europe occidentale, il nous fait traverser son errance mentale et physique, ses chutes et ses souvenirs qu’il cherche à enterrer. Ses mots, interprétés par le comédien Fred Jacot-Guillarmod dans un seul en scène intime et puissant, oscillent entre sombre poésie et ironie féroce, dans une lucidité distanciée sur son propre parcours de vie. Sublimée par une scénographie d’avant-garde, cette troublante prose poétique prend place dans un décor composé de cadres de lumière, comme un espace-flipper venant enserrer le comédien dans une structure dangereuse et vertigineuse. Déjà accueillie au T2G, l’artiste suisse Maya Bösch décline ici en langage théâtral le monologue d’un homme en exil, pour nous parler de manière plus vaste encore des tragédies migratoires de tant d’autres femmes et hommes.

Ce spectacle a reçu le Prix Suisse des Arts de la scène 2022.



dossier de presse / Manuel d'exil :


dp_manuel_d_exil
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«Fraîchement restauré, le foyer de demandeurs d'asile à Rennes me fait penser à mon lycée. Une grande porte vitrée, d'interminables couloirs, sauf qu'ici au lieu des salles de classe on a des chambres pour les réfugiés. Dans le hall central il y a une carte du monde avec les petits drapeaux du pays des résidents. La misère du monde s'est donné rendez-vous à Rennes en cette fin d'été 1992.

Je suis accueilli par une dame aux énormes lunettes. Elle parle doucement en me regardant droit dans les yeux. Je saisis que je vais avoir une chambre simple, pour célibataire, que la salle de bains et la cuisine sont communes et que j'ai droit à un cours de français pour adultes analphabètes trois jours par semaine.

Je suis un peu vexé:

- I have BAC plus five, I am a writer, novelist...

- Aucune importance mon petit, répond la dame. Ici tu commences une nouvelle vie...»

Après avoir déserté l'armée bosniaque, le narrateur se retrouve sans argent ni amis, ne parlant pas le français, dans un foyer pour réfugiés. Dans une langue poétique, pleine de fantaisie et d'humour, Velibor Čolić aborde un sujet d'une grande actualité et décrit sans apitoiement la condition des réfugiés, avec une ironie féroce et tendre.







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